L’Objectif : Conforter la fonction de charnière territoriale des Villes Moyennes
La DIACT a lancé en avril 2007 un appel à expérimentation dédié aux agglomération moyennes (intercommunalités incluses dans des aires urbaines de 30 000 à 200 000 habitants). Il est l’aboutissement d’un processus de diagnostic, puis, de confrontation du diagnostic avec les responsabilités de l’aménagement du territoire, en particulier, son rôle de veille sur les effets territoriaux des politiques publiques sectorielles.
La ville moyenne (son agglomération) n’est en effet plus, comme dans les années 70, une simple « strate » intermédiaire de ville assurant l’équilibre urbain du territoire. Elle joue à présent un rôle différent et stratégique : dans un contexte de mobilité et d’inversion des flux migratoires vers les espaces ruraux et périurbains, la ville moyenne constitue une charnière entre l’échelle globale et l’échelle locale, entre les espaces polarisés et les espaces ruraux. Elle peut être l’agent de la démultiplication sur le territoire de la compétitivité productive, de la qualification des services, de l’excellence des formations, de l’attractivité résidentielle. Tous ces ferments de la production de richesses et d’emplois peuvent s’épanouir à des échelles diverses, ils ne sont pas l’apanage des métropoles.
Il s’agit donc de consolider ce rôle de charnière territoriale, en particulier sur un segment négligé, celui de la liaison entre la ville moyenne et la métropole voisine. Comment ?
La Cible : Quatre politiques structurantes
Malgré les effets locaux positifs des « projets de territoire », le devenir des villes moyennes est largement conditionné par les impacts territoriaux de grandes politiques sectorielles et verticales. L’appel à expérimentation cible donc quatre d’entre elles, choisies pour leur rôle majeur dans le devenir des villes moyennes :
La methode : Un dialogue local tripartite
Ces politiques étant largement de la compétence de l’Etat, il s’agit d’identifier ses champs de responsabilités, d’expérimenter un dialogue local tripartite entre les collectivités territoriales, l’Etat et les opérateurs techniques de ces politiques, au plus près du terrain. Ce dialogue suppose que l’Etat formule une prise de position, que les collectivités territoriales puissent argumenter, que les opérateurs concrets de ces politiques (université mère, SNCF, CHU, et le cas échéant ANAH et chambres consulaires) rendent compte de leur pratique.
Le pari repose sur l’hypothèse que des pistes de solutions se dégageront du dialogue local avec des arguments pour infléchir la position de l’Etat au niveau central vers moins de polarisation. Ceci permettrait de consolider la position des villes moyennes pour répondre aux défis que posent aux politiques publiques la contradiction entre les transformations de l’économie (vers plus de polarisation) et le bouleversement des pratiques migratoires (vers plus de diffusion). En ce sens, les villes moyennes constituent un laboratoire des enjeux politiques et des modes de gouvernance de l’aménagement du territoire contemporain.
La Synergie : Une mise en reseau nationale
La DIACT assure un dispositif national de suivi des vingt expérimentations locales. Cette mise en réseau se fera par la création d’un site internet ainsi que par l’organisation de quatre rendez-vous pendant l’année de l’expérimentation (février 2008-février 2009) permettant l’échange de bonnes pratiques. Elle met également à disposition, le cas échéant, une expertise spécialisée en appui aux collectivités locales.
Ce dispositif d’accompagnement national est ouvert aux associations d’élus concernées. Celles-ci ont vocation à « témoigner » des acquis des rendez-vous nationaux et des groupes de travail locaux auprès de l’ensemble des villes moyennes et de leurs intercommunalités. La clôture du double dispositif de suivi et de témoignage prendra la forme d’une Rencontre nationale des villes moyennes au printemps 2009.
Priscilla DE ROO
25 janvier 2008